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Voyager en famille: Maman Globe-Trotteuse lance son premier livre!

Crédit photo: Courtoisie Maman Globe-Trotteuse

Profession: globe-trotteuse!

Caroline Jacques n’est pas une maman comme les autres! Son super-pouvoir? Elle est passée ceinture noire dans l’art de voyager avec ses enfants! La populaire blogueuse voyage, mieux connue sous le nom de Maman Globe-trotteuse, a à son actif plus de 100 vols avec ses trois filles (âgées de 4, 8 et 10 ans) et son mari; elle a visité pas moins de six continents, 40 pays (dont 25 destinations en famille) et est une source inépuisable d’histoires et d’anecdotes glanées au fil de ses aventures!

Cerise sur le sundae? Elle vient tout juste de publier Globe-trotteuse (Tome 1) – Aller simple pour l’Afrique, son premier roman-récit inspiré de sa vie africaine, aux Éditions Hurtubise. J’ai eu le bonheur de piquer une jasette au téléphone à la grande voyageuse afin qu’elle me parle de son nouveau bébé et de ses voyages en famille!

Présentement, où te trouves-tu?

Je suis au Québec et je ne bouge pas d’ici pour les prochains mois! J’ai plusieurs contrats comme blogueuse, mais la plus belle nouvelle, c’est que j’ai été approchée par TVA et je commence le 22 juillet à Salut Bonjour Week-end! Il paraît que lorsque je suis allée présenter mon livre à Salut, Bonjour! il y a quelques semaines, ils ont eu un réel coup de coeur pour moi… Je faisais déjà des chroniques à la radio et à la télé depuis 2-3 ans, mais là on parle DU show le plus écouté du week-end! Donc, je débuterai une collaboration à titre de chroniqueuse voyage le 22 juillet prochain et j’ai très hâte.

Pour ceux et celles qui ne te connaissent pas, peux-tu nous dire d’où t’est venu l’idée de partir un blogue il y a 7 ans?

J’écrivais depuis toujours, j’aime beaucoup écrire et j’écrivais mes journaux de voyage. J’ai décidé de partir le blogue quand je me suis expatriée en famille à Bali en 2012. J’ai alors dit à ma famille que je n’allais pas écrire à tout le monde et que j’allais plutôt envoyer des nouvelles via le blogue! Finalement, je me suis mise à écrire mes petites histoires… je ne donnais pas seulement des nouvelles, je les imageais beaucoup, je décrivais les lieux, je racontais les anecdotes. J’étais déjà dans le récit-voyage! C’est comme ça que j’ai découvert cette passion-là. C’est ça, ma signature: j’aime raconter ce que je vis en voyage, beaucoup plus que de conseiller les gens… C’est ce qui m’intéresse, ce que je vais vivre à l’extérieur. Avec le blogue, je racontais ce qu’on vivait et ça a bien plu auprès des familles, parce qu’on sait qu’au Québec, c’est difficile quand on veut voyager avec nos enfants souvent! Malheureusement, les gens sont encore étonnés qu’on veuille apporter les enfants partout dans le monde alors que moi, dans ma tête, je ne fais que poursuivre le mode de vie que j’ai toujours vécu. De plus en plus, les gens me croisent et me disent que grâce à moi, ils ont pu convaincre leur chum de voyager ou encore qu’ils ont lu et que ça leur a enlevé les craintes de partir en famille. Beaucoup de gens disent aussi que je dédramatise, par exemple, l’espèce de peur de prendre l’avion avec les enfants: dédramatiser ça en voyant ton enfant comme un enfant et de se dire que s’il pleure tout le long du vol, il a le droit. C’est un enfant, ce n’est pas un mini-adulte!

Tu as dit quelque chose que j’ai bien aimé dans une entrevue: «j’ai continué à être celle que j’étais avant d’avoir des enfants»!

Oui! C’est bizarre de se dire ça, car ça devrait être comme ça pour tout le monde (rires)! Mais en ayant voyagé dans 20 pays avec mes enfants, je suis capable de dire qu’ici on se met tellement de pression, que le parent américain a très peur de déplaire à cause de ses enfants… Comme présentement, je te parle alors que je suis au restaurant et ma fille est debout et se promène entre les tables. Elle fait des sourires aux gens! Elle a 4 ans, ça se peut qu’elle ait un comportement d’une fille de 4 ans… je ne lui demande pas d’être une mini-adulte et de rester assise puisqu’elle a fini ses biscuits. Tout ça pour dire qu’il faut prendre la parentalité plus avec un grain de sel, de façon moins rigide.

Ton premier voyage s’est déroulé avec ta plus vieille, lorsqu’elle avait trois mois, en partant au Japon… c’est bien ça?

Exactement! Tous mes enfants sont partis en voyage aussitôt qu’ils avaient 3 mois; c’est mon petit rituel. C’est elle, Ismaëlla, qui est partie le plus loin en premier et ça s’est tellement bien passé, parce que les Japonais sont extraordinaires et parce qu’un bébé de 3 mois n’a besoin que d’une chose dans la vie: sa mère! Tu peux l’apporter partout, un coup qu’il est collé sur toi et que tu fais du portage avec lui, tout va bien.

Tu prônes le slow travel. En quoi ça consiste?

C’est tout le contraire du tourisme de masse! Le slow travel, ça te dicte des règles très simples de profiter d’où tu es, en essayant d’encourager le commerce local. Quand je vais en voyage, je ne veux pas en voir le plus possible, je veux en vivre le plus possible! Par exemple, avec mes enfants, chaque été, pendant 6 ans, on s’installait en Provence… et mes enfants n’ont jamais vu la Tour Eiffel, mais sont allés 6 fois en France! Pourquoi? Parce que j’étais dans le sud de la France et je profitais de ses petits marchés, des festivals, de la mer, de l’agrotourisme, etc. Nous avons choisi de ne pas visiter la Tour Eiffel, et de ne pas faire d’allers-retours sur Paris, pour profiter de ces choses-là à la place. Le slow travel, c’est de faire de meilleurs choix quand tu voyages!

Les parents te demandent souvent des trucs et conseils. Qu’est-ce qui revient le plus souvent?

L’avion a l’air de traumatiser tout le monde… Ils ont peur que leur enfant devienne un extra-terrestre dedans (rires). Et ce que je dis tout le temps, c’est que lorsque tu vas sortir de l’avion, tu vas te dire: «Oh mon dieu, ça s’est mieux passé que je pensais». Quand tu deviens parent, tu réalises que ce n’est pas toi qui contrôles tout. Habituellement, si on voyage seul, on planifie et on se gère, mais là, avec un enfant qui gère sa routine, c’est ça qui est difficile… de s’adapter! Souvent, je dis aux parents d’accepter que le voyage ne sera pas comme ils pensent qu’il sera, mais qu’il leur apportera d’autres choses extraordinaires. Ça permet de voyager d’une autre façon.

Je suis l’ambassadrice officielle du réseau Trocmaison.com, le plus gros réseau d’échange de maisons au monde. Et c’est à cause de mes enfants que j’ai trouvé cette alternative-là, d’échanger ma maison… Quand mes enfants sont arrivés, je voulais continuer de voyager tout en respectant un budget, alors échanger sa maison, c’est un moyen extraordinaire. J’ai donné des conférences là-dessus, j’en parle sur le blogue et je continue de prôner ça! Mes amies sont tombées dans ce beau piège-là aussi (rires). C’est le fun et ça permet de découvrir une autre façon de voyager justement qui est le slow travel: tu arrives dans un endroit, tu es accueillie, non seulement tu échanges ta maison, mais aussi parfois la voiture, donc ça te permet de voyager aux alentours, de profiter localement. Les personnes te laissent les meilleures adresses (restos, boucher, caviste), c’est très cool! Je le recommande à tous. Je sais que les Québécois, nous avons une gêne et parfois une peur qui nous retient d’essayer ça, mais en y pensant… personne ne va se payer un billet et traverser l’Atlantique pour voler ta télévision dans ta maison!

Quelles sont tes destinations coup de coeur en famille?

Nous adorons, pour différentes raisons, tous les pays visités, mais dans le TOP 5, il y a:

1. Le Costa Rica: un pays tout près, avec une offre touristique qui plaira à tous: de la nature à profusion, des plages et un peuple accueillant!
2. L’Espagne, pour son style de vie relax et son coût de la vie abordable (pour l’Europe).
3. La Tanzanie! Je dois nommer cette destination de rêve, où les familles vivent des moments extraordinaires en pleine savane africaine (je suis guide de safari après tout)!

Que réponds-tu aux gens qui te demandent: «comment fais-tu pour voyager tout le temps? Es-tu riche?»

Ah, ah, elle est bien bonne celle-là. Non! Pas de mécène caché dans mon placard non plus. Ni de compte en Suisse ou de paradis fiscal aux Bahamas. Je voyage depuis mes seize ans. Trente-six pays au compteur. Peut-être une vingtaine en couple. J’ai dormi (ou plutôt essayé) dans des endroits épouvantables et plus récemment dans des 5 étoiles. Je préfère les 3 étoiles.

On fait des choix. On a appris à compter. Et surtout à recompter. J’avoue que parfois, je regarde les téléviseurs à écran plat et les meubles de designers du coin de l’oeil. Il s’agit d’un mode de vie, où les voyages sont au coeur. Nous continuons notre tour du monde en dilettante: une destination à la fois. By the way, vous êtes plus riche que vous ne le pensez. «Budgetez», analysez honnêtement où vont vos deniers. ET ASSUMEZ VOS CHOIX! Je me souviens d’avoir répondu si souvent à mes collègues au bureau que je ne sortais pas dîner au chinois, car justement, mon budget serré visait à me permettre d’aller dîner en Chine.

Globe-trotteuse, le livre

Ton premier roman Globe-Trotteuse vient tout juste de sortir! Est-ce que tu peux m’en parler?

J’ai été coopérante internationale pendant plusieurs années, ce qui m’a amené à voyager. Moi, contrairement à mon personnage Carlie, je ne suis pas juriste, je suis travailleuse sociale. Je dis souvent que le livre est 95% réel, donc c’est très inspiré de ma vie: quand j’ai été approchée par l’éditeur, j’avais le goût de partager ce côté-là de mon histoire, qu’on connaît peu. L’histoire connue commence avec le blogue en 2012, mais avant d’être maman, j’ai eu l’occasion d’aller travailler à l’étranger comme coopérante internationale; ça, c’est un petit milieu fermé qu’on ne connait pas d’emblée. Moi-même, je n’avais pas eu l’occasion de pouvoir m’immiscer dans ce monde-là, parce que ce n’est pas connu. Peu de gens ont écrit sur ça… Donc, j’avais le goût de faire connaître les enjeux que mon personnage vit, c’est-à-dire comment on se sent à 29 ans quand on décide de tout laisser derrière soi pour aller vivre dans le pays le plus pauvre du monde. C’est exactement ça que mon personnage a vécu et c’est un peu calqué sur ma vie!

Ok, on est vraiment loin des «beaux voyages de rêve», on sort vraiment des sentiers battus!

Oui, on est totalement dans autre chose… Dans l’expatriation, le monde de la coopération internationale, c’est là où le personnage va devoir être confronté à ses valeurs: quand tu vois à côté de toi des enfants avoir faim, c’est difficile. Tu réalises que ce que tu apprends à l’université, ce n’est pas applicable partout, ni de la façon dont tu le pensais. Le personnage est obligé de s’adapter… et aussi, c’est un environnement hostile. Le Niger, c’est le désert du Sahara: des conditions de vie précaires, tu es toujours en train de chercher à survivre, à tirer ton épingle du jeu… mais en même temps, le personnage découvre la beauté de l’humanité. C’est dans ces conditions-là que tu découvres qui tu es, mais aussi la beauté des êtres humains.

Il s’agit d’un premier tome, donc on peut s’attendre à une série?

Oui, la maison d’édition était intéressée par Maman Globe-trotteuse et la partie «maman», mais c’est moi qui ai proposé de commencer l’histoire du personnage avant la maternité dans le premier tome. Donc, on sait qu’il y aura au moins un tome 2 en 2018 et Carlie devrait devenir maman. L’histoire risque de se passer à Bali, en Indonésie, et c’est là que j’ai vécu l’expatriation en famille, alors j’ai beaucoup de choses à raconter. On va revoir James dans le deuxième aussi!

Quelque chose à ajouter?

Le livre est parmi les 20 coups de cœur de Coup de Pouce. D’ailleurs, la maison d’édition et moi sommes enchantés par la réception incroyable du premier roman. Je suis très touchée et j’aimerais dire merci aux gens qui décident d’embarquer dans l’aventure africaine de Carlie. En novembre, je vais être au Salon International du Tourisme comme experte; les gens vont pouvoir venir me consulter! Je serai également au Salon du Livre de Montréal à la mi-novembre!

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