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Yanic Truesdale, le Québécois de Gilmore Girls, nous invite à son studio Spin Énergie!

C’est avec bonheur que Yanic Truesdale m’a donné rendez-vous à son studio Spin Énergie à Montréal. Oui, oui… Un VRAI Gilmore Girls en chair et en os!!! Inutile de dire que j’étais VRAIMENT excitée, étant une fan ultime de la série culte (qui a d’ailleurs fait son retour en grandes pompes sur Netflix à l’hiver dernier, iiiiiiiiii!). J’avais déjà photographié plusieurs fois le sympathique acteur sur des tapis rouges, mais jamais je ne l’avais interviewé… je me suis donc gâtée!

Café à la main (non, il ne l’avait malheureusement pas pris chez Luke’s Diner, j’ai vérifié deux fois), le Québécois qui a marqué toute une génération sous les traits de Michel Gerard dans la populaire série américaine s’est confié à moi sur son studio de vélo-cardio dans la métropole (juste avant qu’il ne participe à une séance), ses nouveaux projets et sa vie entre Los Angeles et Montréal!

Tu es propriétaire du Spin Énergie, un studio de vélo-cardio inspiré des studios de Los Angeles: qu’est-ce qui t’a poussé à l’ouvrir?

J’ai ouvert le studio Spin Énergie il y a quatre ans déjà. Avant, j’étais coureur et je me suis blessé au genou! Par la force des choses, je me cherchais une alternative à l’exercice cardio, et moi j’aime l’intensité. C’est drôle, parce que dans le temps, j’avais déjà essayé le spinning, mais je n’avais pas aimé ça (rires). Puis, quelqu’un m’a dit: «Va essayer SoulCycle à Los Angeles, c’est vraiment différent!» J’y suis allé et je suis devenu complètement mordu! Je suis revenu tourner à Montréal un été pour je ne sais plus quelle série et j’étais triste de découvrir que ça n’existait pas dans la métropole. Je me suis alors dit: «Ça s’peut-tu qu’à Montréal il n’y ait pas de studio de spinning?» et quand j’ai eu cette pensée-là, je me suis dit que c’était absurde, que quelqu’un devait absolument remédier à la situation. Que JE devais ouvrir un studio! Et là, je suis devenu super énervé… dans la vie, je suis acteur, pas homme d’affaires (maintenant oui!). Mais l’intuition d’en ouvrir un était trop forte! En cinq mois, le Spin Énergie a vu le jour, ça te montre comment je n’ai pas niaisé avec la puck (rires)! J’ai signé un bail pour dix ans, alors maintenant, dès que je suis à Montréal, je viens m’entraîner ici 5 fois par semaine! J’ai besoin de ça, moi! Certains ont besoin de yoga, moi, j’ai besoin de suer et d’avoir mon heartbeat à 180! Ça me calme après et je dors mieux.

Explique-moi un peu en quoi consiste une classe chez Spin Énergie?

Je me suis inspiré de SoulCycle (plus grosse compagnie de spinning aux États-Unis, qui a ouvert à New York et ensuite à LA): tu fais du cardio sur ton vélo et, pendant 45 minutes, tu combines spinning et exercices de musculation. On est dans la pénombre, éclairés aux chandelles, la musique forte comme dans un bar, et c’est plus comme une classe de cardio sur un vélo ou une danse de hip hop sur un vélo, qu’une classe de spinning… Aussi, la façon dont j’ai fait mon studio, c’est qu’il n’y a pas d’abonnement. Ce n’est pas comme un gym où t’es pogné pour t’abonner pour l’année. Je trouve que ça ne marche plus de cette façon-là, car parfois on a le goût de faire du yoga, du crossfit, du spinning, pas seulement s’entraîner au gym. Il faut que les gens aient un good time quand ils viennent, parce que comme ils n’ont pas d’abonnement, si tu donnes des classes poches, ils viennent une fois et ils font «ben moi je ne retourne pas là». Ça met l’aspect performance au niveau des employés et des profs, de donner un service, une expérience à chaque fois. Je suis un performer alors j’aime cet aspect-là, que tu ne t’assois pas sur ton cul; il faut que ce soit le fun et tripant à chaque fois!

As-tu initié d’autres personnalités québécoises au vélo-cardio?

Oui, beaucoup! Maxim Roy, Pascale Nadeau est venue pendant des années, Macha Limonchik, Geneviève Brouillette, qui est une amie, PO Beaudoin, Julie St-Pierre… La chanteuse américaine Ariana Grande et plusieurs pilotes de F1 sont aussi venus faire leur tour. Il y a vraiment beaucoup de gens du milieu artistique qui viennent, puisque je suis acteur, mais aussi parce que cette forme d’entraînement plaît beaucoup aux artistes.

Entre Los Angeles et Montréal

Ça fait maintenant 18 ans que tu partages ta vie entre Los Angeles et Montréal. À quoi ressemble une année dans ta vie?

C’est la beauté et en même temps la difficulté de mon métier: chaque année, ce n’est jamais la même affaire, dépendamment de ce que j’ai comme travail. Bon, maintenant, puisque j’ai Spin Énergie, dès que je ne tourne pas à LA ou que c’est une période tranquille, je suis porté à venir pour m’occuper du studio, pour faire avancer ma compagnie. Sinon, depuis 18 ans, l’hiver et l’automne, je les passe à LA, ensuite je suis à Montréal un peu plus l’été. C’est aussi pratique, parce qu’à LA, les tournages cessent à l’été et ici c’est le contraire!

Tu parlais du manque de diversité au Québec quand tu as quitté il y 18 ans… Est-ce qu’on t’offre plus de rôles aujourd’hui parce que la situation a changé? 

C’est différent, parce que maintenant je suis connu! Quand on m’offre des rôles ici, c’est souvent écrit pour moi. Je n’avais pas ça quand je sortais de l’école. Les gens n’écrivent pas pour toi quand tu as 19 ans, ils ne te connaissent pas. Alors en ayant des gens qui écrivent pour moi, forcément ça a changé ma réalité ici, parce que là, je fais des rôles diversifiés qui sont écrits avec ma sensibilité et non ma couleur de peau. Alors que quand tu sors de l’école à 19 ans, surtout dans les années 1980-1990, ce qu’on voit, c’est un «noir». Alors on cherche à caster un noir! Donc pour une série… ils se demandaient: «Est-ce qu’il y un rôle de noir de disponible? Non? Next!». Donc si ce n’était pas écrit que c’était un noir qui devait jouer, ben ils ne te voyaient pas en casting. Cela dit, j’ai travaillé très rapidement! J’ai fait la Cage aux folles, Le Bourgeois gentilhomme et D’amour et d’amitié, qui m’a fait rencontrer Guy Fournier, qui m’a écrit un rôle dans Jamais deux sans toi, après ça Lance et Compte… j’ai tout le temps travaillé, mais ça restait très limité et ça restait un combat, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de rôles pour moi. Ce n’était pas moi l’acteur, c’était moi «le noir» (en pointant la couleur de sa peau)!

Et là, est-ce qu’on pense à t’offrir des rôles… ou non, puisqu’on croit que tu fais maintenant carrière seulement à Hollywood?

(Rires) Ceux qui y pensent, ce sont souvent des amis. Comme Isabelle Langlois (Rumeurs, Mauvais Karma), c’est devenu une amie au fil des années, donc elle sait que si elle m’écrit un rôle, je saute dans l’avion pis je viens. Ce qui serait le cas pour beaucoup de monde…. mais, je pense que dans la tête des Québécois et des gens du milieu qui ne me connaissent pas, c’est un peu nébuleux. Je suis à LA, oui, mais j’ai aussi une maison à Montréal, j’ai aussi une business à Montréal. C’est seulement un vol de 5h, c’est une affaire de rien!

La folie de la suite de Gilmore Girls

Parlons de Gilmore Girls! Qu’est-ce que ça t’a fait de rejouer Michel Gerard après 10 ans?

C’était un réel plaisir parce que c’est quelque chose de rare, de pouvoir rejouer un personnage! Donc, d’avoir l’opportunité d’y retourner, c’est inespéré. Surtout que c’est un show qui est TELLEMENT aimé et qui a tellement de fans dans le monde! Aussi de pouvoir rejouer Michel avec une perspective sur le personnage… t’sais, dans un sens, Michel m’a quitté il y 8 ans, et là je le revois, mais avec des yeux un peu différents, car je suis plus vieux et je ne l’ai pas «côtoyé» pendant tout ce temps-là! C’est donc très intéressant, en tant qu’acteur, ce processus-là.

Michel est pince-sans-rire, souvent défaitiste, exaspérant… à première vue on dirait qu’il est casté pour qu’on le déteste, mais pourtant, on l’adore. Qu’est-ce qui fait qu’on l’aime tant?

Il a bon coeur! Quand il critique ou qu’il a une opinion tranchée, ça ne vient pas d’une place de méchanceté mais plus d’une place de particularité… il aime les choses faites d’une certaine façon. C’est très français! Les Français sont très by the book. J’ai un ami français, Michel, que j’adore, qui est un grand cuisinier, et je l’avais appelé une fois pour une recette puisque j’étais mélangé. Il m’a dit (Yanic prenant un accent français): «est-ce que t’as fait telle chose?», «non...», «bien est-ce que t’as fait telle chose?», «non...», «t’as mis telle chose?», «non…», «ahhh… n’importe quoi!». Bon, écoute, ça le faisait chier là! Parce que je ne faisais pas ça comme il le fallait. C’est français ça! Ils sont particuliers! Ils ont un passé, ils ont une grande histoire, la France, donc ils ont l’impression qu’ils savent faire les choses et si tu déroges de la façon de faire, ça les insécurise et ils ont l’impression que ce n’est pas la bonne façon.

Donc, Michel (Gerard) pour moi, c’est plus ça. Il voit plus Lorelai comme une grande soeur qu’il aime, mais qui lui tape sur les nerfs, et il essaie simplement de lui montrer la bonne façon de faire les choses. Ça part d’une place d’amour, ça ne part pas d’une place pour la descendre… C’est pour qu’elle le sache, qu’elle le fasse mieux! Alors je pense que le public le ressent… et je pense que c’est aussi libérateur, car il pense tout haut ce que le monde pense tout bas. Il n’a pas de filtre. Si tu lui tapes sur les nerfs, il va te dire «what the fuck’s going on». Et les gens, ce que je reçois du public, aimeraient beaucoup pouvoir faire comme lui… Je pense que ça touche une corde, de pouvoir avoir moins de filtre et être moins poli. On est tous bien polis! Il n’est pas très poli, lui!

Avec la fin de la nouvelle saison de Gilmore Girls: A Year in the Life, les recettes qu’elle a engendrées et les rumeurs d’une suite de la part de Netflix… t’sais, c’est clair là qu’il va y avoir une suite (sourire)!?!

Ce n’est pas clair du tout! On n’a pas d’offre, de contrat, on n’a rien…

Ils seraient fous de ne pas en faire une!

Je pense que j’ai vu dans le journal qu’ils voulaient en faire, mais c’est compliqué… on est un gros cast… Ma boss, Amy Sherman-Palladino, est en train d’écrire un autre show pour Amazon. Je ne sais pas! Je ne pense pas qu’elle puisse en écrire deux en même temps…

Est-ce que vous seriez tous IN à revenir?

Je n’en ai aucune idée. Il faudrait demander… Moi, sûrement! Ça dépend quand, ça dépend… mais oui! Mais ce n’est vraiment pas sûr que ça revienne là… vraiment pas. Il n’y a pas de plan. Mais on a battu des records sur Netflix et ce show-là est vraiment aimé!

Tu es BFF avec Melissa McCarthy! Est-ce qu’elle est déjà venue te visiter ici? 

Non! On se voit là-bas, mais elle n’est jamais venue à Montréal et je ne crois pas qu’elle ait déjà tourné ici non plus. Elle tourne beaucoup a Atlanta ces temps-ci. Je suis aussi très proche de Lauren Graham! En fait, je tournais 95% de mes scènes sur Gilmore Girls avec Melissa et Lauren, donc c’est sûr que ça rapproche. Sinon, Jared (Padalecki) et Matt (Czuchry), on s’appelle, mais on se voit moins. J’adore Kelly Bishop et je vais souper avec elle souvent!

J’ai vu que tu jouais dans le show The Catch avec Mireille Enos et Peter Kraus!

Oui, j’adore ça! Je suis un fan de Shonda Rhimes depuis des années! C’est elle qui écrit Grey’s Anatomy, Scandal et qui produit How To Get Away With Murder… Donc, pour moi, quand ils m’ont appelé pour m’offrir ce rôle-là, dans un de ses shows à elle, j’étais comme «YESSS» (rires)! J’aime comment la série est écrite et surtout l’humour de The Catch.

Je joue un cleaner: c’est quelqu’un qui est engagé pour débarrasser les corps, et sa technique à lui, c’est qu’il les liquéfie. Lui, il les flushe après ça dans la toilette. C’est vraiment différent de Gilmore Girls et j’adore ça!

Qu’est-ce qui s’en vient d’autre pour toi sinon?

J’ai joué dans Curb Your Enthusiasm… Tout le monde est pas mal énervé parce que c’est un beau gros show sur HBO! Moi, ça fait partie de mes top 3-4 des comédies à vie. C’est un de mes shows fétiches, je suis vraiment fier.

Je ne peux pas encore dire encore ce que je vais jouer, mais c’est vraiment un beau rôle. Et la façon de Curb Your Enthusiasm, c’est que t’as le canevas de base de ce qui va se passer dans l’épisode et de ce qui va se passer dans tes scènes, mais tu n’as pas de texte. C’est improvisé. J’aime ça, ça! C’est énervant au début, mais c’est thrillant! Parce que tu peux dire ce que tu veux! Il y a des acteurs qui ne sont pas à l’aise avec ça, mais moi, j’adore ça!

Yanic Truesdale en questions rapides

Faire du hiking sur les montagnes de Hollywood ou du vélo-cardio ici?

Ahhh.. du hiking dehors (sourire)!

Trois choses qui te rendent heureux?

Le chocolat noir, voyager et être sur scène.

Ta devise dans la vie?

Never give up!

Si tu pouvais fouiller dans le cellulaire de quelqu’un, tu choisirais lequel?

Euh… celui d’Obama (rires)! Voir ce qu’il dit en ce moment d’une certaine personne…

Que fais-tu quand tu veux relaxer?

Je vais sur le bord de la mer.

Est-ce que tu as une maison sur le bord de la mer?

Non, mais j’en louais une pendant des années. Mais là, je vais juste à Venice Beach et je m’éfouère dans le sable pour regarder la mer… ça me calme!

Ton plus grand plaisir coupable?

Le sucre! Je suis une bibitte à sucre!

Ta série préférée du moment?

Ouf! Cette année, je l’avoue, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour ça… J’ai beaucoup aimé The Queen, sur Netflix.

Un but dans la vie que tu veux atteindre absolument?

Vivre le grand amour (rire discret)!

Quelque chose que tu as toujours voulu essayer mais dont tu avais trop peur?

Sauter en plein milieu de l’océan…. je ne suis pas un bon nageur! En fait je sais nager, mais c’est comme une peur… j’ai failli me noyer quand j’étais jeune, donc si c’est profond, je peux paniquer. Alors le milieu de la mer, c’est comme trop là (rires)!

Ton crush du moment? 

J’ai beaucoup aimé Nicole Kidman dans Big Little Lies! Elle est vraiment bonne.

Ton gros mot préféré?

Tabarnak!

Une cause qui te tient à coeur?

Ouf… il y en a beaucoup… L’environnement!

Qu’est-ce qu’on serait surpris d’apprendre sur toi?

J’adore cuisiner, je cuisine tous les jours! Je bake! Je peux faire des gâteaux, des cookies… Je suis vraiment quelqu’un qui aime cuisiner et qui cuisine beaucoup!

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